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Demeurent de Daniel Danis
Chapeau : Mise en scène Alain Françon, avec les élèves de l'ensemble 13
Date : Montevideo - Marseille - les 19, 20 et 21 avril 2005 à 20h
Source : Ecole Régionale d'Acteur de Cannes (
http://www.erac-cannes.fr)
Rubrique : 2004-2005
Rubrique : 2005-2006
Daniel Danis auteur
Alain FRANÇON Metteur en scène
Mathieu BONFILS comédien
Audrey BONNEFOY comédien
Guillaume CLAUSSE comédien
Pierre-François DOIREAU comédien
Pearl MANIFOLD comédien
Julien MOUROUX comédien
Charles-Eric PETIT comédien
Samuel REHAULT comédien
Julie TIMMERMANN comédien
Elisa VOISIN comédien
Brigitte ZARZA comédien
danis_3.jpg (titre : Spectacle Françon / Danis / )
danis_2.jpg (titre : Spectacle Danis / Françon / )
danis_1.jpg (titre : photo Demeurent 1 bis / )
danis_4.jpg (titre : Spectacle Danis-Françon / )
du 19/04/2005 00:00 au 21/04/2005 00:00
Salle : Montevideo
3 impasse Montevideo
04 91 37 97 35
www.montevideo-marseille.com
Marseille France (Sud-Est)
Texte : Les élèves-comédiens de l'ensemble 13 : Mathieu Bonfils, Audrey Bonnefoy, Fanny Capretta, Guillaume Clausse, Pierre-François Doireau, Pearl Manifold, Julien Mouroux, Charles-Eric Petit, Samuel Réhault, Julie Timmermann, Elisa Voisin, Brigitte Zarza.
Présentation par Daniel Danis de son nouveau texte : Le texte Demeurent, sous la charpente d'un conte, n'a d'apparente continuité des personnages, des lieux et du temps que la langue. En fait, seul le verbe tisse des liens, convoquant une série de personnages dans un lieu unique, une porte et une fenêtre qui seront tour à tour, une cabane de bois, le lobby d'un temple, un comptoir dans un centre d'achats, une pièce dans une maison, l'habitacle d'une voiture etc.
Parfois l'action se passe sur une île du Sud, à d'autres moments, à Montréal, à Paris, dans un autre ailleurs. La galerie de personnages est conviée à son tour à des changements ; ainsi, une femme malade reste sur place après qu'un homme frustre ait quitté, une fille entre par la fenêtre, deux femmes se cachent d'un tueur, etc. ; ainsi, le simple dire de celui qui entre dans l'espace en change le lieu, le temps, les personnages et les enjeux déclenchés par l'embrayeur-verbe.
Deux extraits de Demeurent de Daniel Danis : Ne me laisse pas m’échapper
Je suis une parole imprimée qui se meut
Par les airs de tempêtes pensives
Chante-moi plutôt une demeure
Où la vie inspire par des entrées tranquilles
Et expire, par sa cheminée, des paroles aimables.
Retiens-moi pour un moment encore.
Retiens-moi.
Je ne veux RIEN D’AUTRE QUE JOUER
UN ROLE, pour notre pays.
ETRE UNE PORTE-MIROIR
de nos âmes déjà pourries
comme la toiture de cette baraque.
Vert est la couleur du frimas de la pourriture.
Une image cramoisie du Cimetière Père Lachaise
que mon grand-père adorait
pour y être allé, en France adorée.
La pourriture a son propre langage
sa charte des couleurs personnelle.
MAINTENANT, qu’entrent les colorés acteurs et actrices-pays.
Actrices utérus de la tristesse
Acteurs moteur de la tristesse.
Répétition d’un pays nommé En-agonie
Première phase : LA DEMEURE MORTE
Mots-clés : Travaux d'élèves, Ecriture contemporaine, Création théâtrale
Inséré le : 05/07/2005 14:57
Daniel Danis
Daniel Danis
Né en 1962, il vit dans la région du Saguenay au Québec.
Il est auteur associé au Théâtre National de la Colline à Paris.
« Quelle est cette langue que je parle au Québec et diffère-t-elle de celle écrite dans mes pièces de théâtre ; je veux dire tout de suite, sans marquer le point d’interrogation que, corps et langue sont uns, ils se nomment et se manifestent de même nature, je précise, l’écriture aboutissante n’est que le prolongement de l’expérience vécue, rêvée, imaginée, j’enfonce mon corps-Québec dans le sol, prendre racines, m’interroger sur la langue, la bouche remplie de terre et de lacs, suis-je un rêvé de mondes habités loin des grandes villes, les langues théâtrales se divisent-elles maintenant en deux groupes, villes et campagnes, suis-je un glossaire de quelques mots anciens et de mille anglicismes entremêlés en un savoureux et baveux French kiss, « suis-je-suis»
un chien qui appelle les autres chiens à aboyer dans une langue de roche pour que l’ordre du «parolique » croisse en un arbre fusionnel : le ciel et la terre, les vivre. Alors qu’une partie du monde vit dans un incessant bouger d’inquiétude, mon écriture pédestre recherche-t-elle l’autochtonie de nos ancrages, le théâtre me prend par le ventre, viscéralement, DIRE QUOI A QUI, dans ce lieu où s’image l’entendement public, le dernier retranchement des possibles « rêviques », d’où part donc la fable à raconter avec quelle langue. […] Le dire-théâtre, s’il se trouve, débute du sol jusqu’à la bouche de ma main mentale, s’inscrit sur un papier de fable jusqu’à la mémoire des comédiens qui, de leurs lèvres laissent s’échapper depuis leur gorge, des nuages d’humidité si dense qu’une telle concentration de vagues successives des éléments dits fera naître des turbulences violentes jusqu’à une tempête archaïque, invisible pour les uns, ressentie pour les autres. Je n’écris pas, le théâtre de ma langue est un acte humide, j’essaie de bâtir de miniatures océans oubliés, d’y répandre des filets et remonter à la surface des mots grouillants et écaillés avec des corps nourriciers pour peut-être mieux saisir les rages et les au secours d’amour de la communauté des miens terrestres. »
Daniel Danis
Derniers ouvrages parus
Le Roman-dit : Le Corps de mon mond (travail en cours d’élaboration, version primitive de e roman-dit) in LEXI/textes 3, Théâtre National de la Colline/L’Arche Éditeur, Paris, 1999
Cendres de cailloux, Actes Sud-Papiers, Arles, 2000
Le Chant du Dire-Dire, L’Arche Éditeur, 2000
Le Langue-à-Langue des chiens de roche, L’Arche Éditeur, 2001
Celle-là, Actes Sud-Papiers, 2003
E, roman-dit, L’Arche Éditeur, 2005
Alain Françon
Alain Françon a créé le Théâtre Eclaté en 1971 à Annecy. De 1971 à 1989, il a monté entre autres Marivaux et Sade, Ibsen et Strindberg, O'Neill (Long voyage vers la nuit), Horvath et Brecht. Il a créé de nombreux auteurs contemporains, de Michel Vinaver (Les Travaux et les jours, Les Voisins) à Enzo Cormann (Noises, Palais Mascotte) et Marie Redonnet (Tir et Lir, qui a été présenté à la Colline en 1988, Mobie Diq). Il a également adapté pour la scène des textes d'Herculine Barbin (Mes souvenirs) et de William Faulkner (Je songe au vieux soleil).
En 1989, Alain Françon prend la direction du Centre dramatique national de Lyon - Théâtre du Huitième. Il y monte notamment La Dame de chez Maxim, Hedda Gabler, Britannicus. De 1992 à 1996, il est directeur du Centre dramatique national de Savoie (Annecy-Chambéry), où il met en scène La Remise de Roger Planchon (1993), La Compagnie des hommes (1992) et Pièces de guerre (1994) d'Edward Bond, Celle-là (1995) de Daniel Danis et La Mouette de Tchekhov (1995).
Pour le cinquantième Festival d'Avignon, Alain Françon présente dans la Cour d'honneur Edouard II de Marlowe, qui sera repris au Théâtre national de l'Odéon.
Le 12 novembre 1996 il a été nommé Directeur du Théâtre National de la Colline.
Dernières créations : Café d’Edward Bond (2000), Le crime du XXIème siècle d’Edward Bond (2001), Les voisins de Michel Vinaver (2002) Skinner de Michel Deutsch (2003), Petit Eyolf d’Henrik Ibsen (2003), productions du Théâtre national de la Colline.
Montevideo, Marseille -
http://www.montevideo-marseille.com
Théâtre de la Colline -
http://www.colline.fr/