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Lambeaux du journal d'un fou, adaptation des carnets d'un fou de Gogol
Chapeau : Mise en scène Mikaël Teyssié
Source : Ecole Régionale d'Acteur de Cannes (
http://www.erac-cannes.fr)
Rubrique : 2009-2010
Mikaël Teyssié Metteur en scène
Carol Cadilhac comédien
Benjamin Farfallini comédien
Antoine Formica comédien
Juliette Peytavin comédienne
Mathieu Tanguy comédien
gogol_1.jpg (titre : Gogol 1 / )
gogol_2.jpg (titre : Gogol 2 / )
gogol_3.jpg (titre : Gogol 3 / )
teyssie_mikael.jpg (titre : Teyssie / )
cadilhac_carol.jpg (titre : cadilhac / )
farfallini_112.jpg (titre : Farfallini / )
tanguy_09.jpg (titre : Tanguy / )
du 23/07/2010 21:00 au 23/07/2010 21:00
Biot France (Sud-Est)
du 24/07/2010 21:00 au 24/07/2010 21:00
La Roquette sur Siagne 06550 France (Sud-Est)
du 26/07/2010 21:00 au 26/07/2010 21:00
Opio 06650 France (Sud-Est)
du 27/07/2010 21:00 au 27/07/2010 21:00
Puget Théniers 06260 France (Sud-Est)
du 28/07/2010 21:00 au 28/07/2010 21:00
Saint Cézaire sur Siagne 06530 France (Sud-Est)
Texte : Dans le cadre des Soirées Estivales du Conseil Général des Alpes MaritimesLambeaux du journal d’un fou
Adaptation des Carnets d‘un Fou de Nikolaï GOGOL
d'après la traduction d’André MARKOWICZ, Actes Sud, 2007
Représentations à 21h
Vendredi 23 juillet à Biot - Théâtre de Verdure
Samedi 24 juillet à La Roquette sur Siagne - Terrain de boules
Lundi 26 juillet à Opio - Ecole de la Tour
Mardi 27 juillet à Puget-Théniers - Salle des Fêtes
Mercredi 28 juillet à St Cézaire sur Siagne - Théâtre de VerdureMise en scène : Mikaël Teyssié
Jeu : Carol Cadilhac, Benjamin Farfallini, Antoine Formica, Juliette Peytavin, Mathieu Tanguy, Mikaël Teyssié
Création vidéo / création plastique : Florian Teyssié
Axenti Ivanovitch humble fonctionnaire issue d’une probable noblesse désargentée, est sous fifre dans un quelconque ministère. Il couche dans son journal ses espoirs, ses envies, ses petites colères, ses remords et ses amours contrariés. Au fil des jours le langage se désagrège, la pensée et les perceptions s’altèrent et le petit conseillé titulaire sombre peu à peu dans la folie. Face à l’absurdité des codes sociaux avec des notions comme le rang, le sang, la fortune, il n’a d’autre choix, pour se sauver, que de créer ses propres codes répondant à une logique tout aussi absurde.
Le fou, ici, n’est pas un sujet d’analyse mais bien une figure poétique. C’est à travers le croisement entre la folie fictionnelle du personnage de Gogol, les paroles de véritables fous et la folie intrinsèque des comédiens que nous recherchons cette poésie du fou mais aussi sa force burlesque, bouffonne et subversive.
Mots-clés : Gogol, Markowicz, Soirées Estivales Conseil Général des Alpes Maritimes
Inséré le : 15/06/2010 14:37
Note de mise en scène
La nouvelle de Gogol est une fiction sous forme de journal ; celui d’Axenti Ivanovitch un humble fonctionnaire issu d’une probable noblesse désargentée, qui travaille dans un ministère en tant que conseiller titulaire (il trie les papiers et taille les plumes du directeur, c’est un sous-fifre). Il a 42 ans et vit avec Mavra, sa domestique finnoise. Au fil de son journal nous pouvons nous rendre compte que ce qui aurait pu être pris pour une singularité loufoque de la part du personnage (dans son analyse de diverses situations et dans une certaine perception du monde qui l’entoure), va peu à peu se transformer en folie. Cette folie naît de ce que la société bureaucratique, déshumanisée et hiérarchisée dans laquelle il vit l’empêche d’accéder à ses désirs. Notamment, dans son amour impossible pour la fille du directeur ; impossible car non partagé et non conforme aux règles sociales. Le rang, le sang, la fortune ou encore la sensibilité particulière de notre personnage va le pousser à entrer en conflit avec l’absurdité des codes sociaux, en créant ses propres codes répondant à une logique tout aussi absurde.
J’ai voulu travailler sur le Journal d’un fou car, outre ma passion pour les auteurs russes (Dostoïevski, Tchekhov, Gogol…) et pour ce texte en particulier, la notion de la folie et notamment de la folie au théâtre est une grande interrogation pour moi.
Je souhaite m’éloigner des idées reçues sur la folie et des diverses imageries contemporaines du fou.
La volonté n’est pas une analyse psychologique des différentes formes d’aliénation que traversent les personnages et cela pour des raisons simples qui sont mes lacunes en ce qui concerne les multiples pathologies psychiatriques (leurs causes, leurs conséquences et leurs traductions physiques).
D’autre part, le fou n’est pas un sujet d’analyse mais bien une figure poétique. Je souhaite accentuer le comique du personnage de Gogol pour lui donner la force burlesque, bouffonne et subversive du clown. La mise en scène d’un journal qui se raconte sur l’instant nous impose un rapport direct au public, comme interlocuteur privilégié, cela impose une suppression du quatrième mur ainsi qu’une parole donnée au spectateur. La question sera donc de doser ce rapport affin d’éviter tout cabotinages ou tonalité donneuse de leçons.
Le but est de s’éloigner de l’image mortifère du fou tout en gardant les aspects tragiques de l’œuvre de Gogol pour créer des ruptures Tragique/Comique et ainsi donner plus de force au propos.
Mon idée est de faire du journal d’un seul, une œuvre collective. Le fou reste le personnage central mais sera secondé, interpellé, mis en déroute par les figures de sa vie quotidienne, ses fantasmes, ses hallucinations. On retrouvera donc l’image de l’autorité avec le chef de bureau, le directeur et le gardien de l’asile, le double schizophrénique du fou (que j’ai appelé « le fou du fou » à titre indicatif) mais aussi les figures du fantasme féminin (à travers Mavra et la fille du directeur)… Ces personnages présents dans l’œuvre de Gogol seront accompagnés par d’autres représentations de la folie (extérieures à l’imaginaire du héros), qui seront les patients de l’asile psychiatrique. Ils porteront un costume sur toute la pièce, costume rappelant les uniformes d’aliénés ou de personnel médical (ce sont les personnes qui sont dans l’asile avec le Fou) ; ils utiliseront des accessoires stéréo typique pour catégoriser chaque figure de l’histoire du Fou (ex : haut de forme et monocle pour le médecin).
Je souhaite que mes principes de mise en scène mais aussi de direction d’acteur découlent du texte – que mes méthodes non seulement s’adaptent au texte mais surtout en soient issues.
Ici, une partie de mon travail avec les comédiens se créera dans un rapport dialectique avec les thématiques du journal d’un fou.
J’émets une hypothèse : la folie du personnage est le fruit de la société dont il est issu ; société régie par l’arbitraire des codes sociaux, inscrite dans des cadres insurmontables (si ce n’est, peut-être par la folie).
Aussi, je récrée cette vision d’une société en imposant des cadres strictes à l’équipe de travail, et donc à moi-même, cadres non discutables qui s’inscrirons dans la période de création.
Au contraire de cette conception de la mise en jeu de l’acteur, et, comme une citation de la folie, je laisse volontairement des plages vierges où je demanderais aux comédiens des improvisations avec ou sans canevas, avec ou sans texte, et qui pourront être fixées en vue d’une présentation ou laissées tel quel en temps qu’espace d’improvisation.
Je ne sais ce que pourra donner ce « conflit » entre contraintes volontairement arbitraires et liberté totale ; c’est une des raisons pour lesquelles l’aventure est enthousiasmante (sans compter les questions politiques que pose cette opposition des extrêmes).
A titre indicatif, le premier travail que je demanderais a l’équipe, outre un apprentissage méticuleux du texte, sera la création d’une palette de mouvements propre a chaque comédien issue d’un mimétisme corporel vis-à-vis des divers fous présentés dans les documentaires et autres films présentés dans la liste ci-après.
Le fou circule entre trois espaces différents : le lieu du réel (moment et lieu où s’écrit/se raconte le journal), le lieu de la mémoire (souvenirs racontés dans le journal et qui prendront corps sur scène) et le lieu du fantasme (déformation hallucinatoire des deux précédents univers).
Aussi, la scénographie sera mobile : une pièce, le bureau du fou représenté de manière réaliste au tout début, va peu à peu se déstructurer pour conduire, en fin de spectacle, à la représentation « symboliste » (ou du moins non naturaliste) de l’asile. Les étapes de l’évolution du décor se feront à vue par les figures fantasmatiques du fou (l’idée est de ne pas sortir du processus théâtral. C’est la fiction et ses avatars qui font évoluer le décor et non une tierce personne extérieure à l’histoire.). Le décor sera ainsi un appui évolutif de jeu et d’image inclus dans la narration.
Les éléments du décor auront donc des utilisations et des significations diverses. L’élément central, par exemple, sera une armoire sur roulette, contenant les divers costumes utilisables, dotée à l’avant comme à l’arrière de double porte permettant un passage entre deux espaces. Le côté non visible de l’armoire dévoilera en fin de spectacle une double porte capitonnée. J’envisage aussi l’utilisation de vidéo projection accompagnant les évolutions du décor (notamment sur la fin du spectacle), et accentuant les hallucinations du fou. La volonté est de créer une ambiance, un univers principalement sur la dernière partie –dans l’asile. Les projections seraient des animations abstraites.